Bunia : la société civile s’inquiète face au risque de propagation de la maladie à virus Ebola dans les sites de déplacés
La société civile de la province de l’Ituri exprime ses inquiétudes face au non-respect des gestes barrières contre la maladie à virus Ebola dans les sites de déplacés de l’ISP et de Kigonze, dans la ville de Bunia, qui regroupent à ce jour plus de trente mille (30 000) personnes.
D’après Dieudonné Lossa, coordinateur provincial des forces vives, aucun dispositif de lavage des mains ni le port de masques de protection ne sont observés dans ces deux sites, où les populations vivent entassées sans le moindre respect des normes d’hygiène, accentuant ainsi les risques de propagation rapide de la maladie.
Dans le même ordre d’idées, d’autres acteurs de la société civile dénoncent le manque de sensibilisation régulière ainsi que la promiscuité dans les abris de déplacés où vivent des milliers de familles ayant fui l’insécurité.
« Nous constatons avec regret que plusieurs personnes ne respectent plus les gestes barrières. Dans certains sites, il n’y a même plus de savon ni de points de lavage des mains. Pourtant, Ebola reste une menace sérieuse », a alerté un acteur de la société civile de Bunia.
Ces leaders d’opinion craignent que les mouvements fréquents des populations entre les sites de déplacés, les marchés et les centres urbains favorisent rapidement la contamination en cas d’apparition de nouveaux cas.
Face à cette situation, ils lancent un appel aux autorités sanitaires, aux partenaires humanitaires et aux organisations internationales afin de renforcer urgemment les campagnes de sensibilisation communautaire ainsi que les mécanismes de prévention dans les sites de déplacés.
Il convient de noter qu’en ville de Bunia et ses environs, les gestes barrières sont peu respectés dans plusieurs points chauds. Cette situation s’explique notamment par la non-acceptation de cette épidémie par certains habitants, qui restent dans la logique des décès mystérieux enregistrés à Mongbwalu, situé à 90 kilomètres au nord de Bunia.
Ces informations ont toutefois été démenties par les autorités locales, qui les qualifient de « fake news propagées autour d’un cercueil mystérieux » qui serait à l’origine de plusieurs décès.
Samuel Atido, depuis Bunia
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