Kasaï : Pour avoir dénoncé le « tourisme » du bureau, le député Denis Tshiyombo prié de quitter l’hémicycle
Une vive tension a éclaté mercredi 4 novembre 2026 à l’Assemblée provinciale du Kasaï.
Le député provincial Jean Denis Tshiyombo, élu de la ville de Tshikapa sous le label de l’Union pour la nation congolaise (UNC), aurait été prié de quitter momentanément l’hémicycle après avoir vivement critiqué le récent déplacement à l’étranger des membres du bureau de cette institution.
Selon les informations rapportées par le média en ligne Tshikapa News.net, l’élu aurait qualifié ce voyage de « tourisme », une déclaration qui aurait provoqué la réaction du président de l’Assemblée provinciale, Alain Tshisungu, lequel lui aurait demandé de quitter la salle.
Après avoir regagné son domicile, Denis Tshiyombo aurait été rappelé quelques minutes plus tard pour reprendre sa place dans l’hémicycle. À son retour, il aurait présenté ses excuses à ses collègues députés.
Cet épisode relance le débat sur la liberté d’expression et le respect du pluralisme au sein de l’organe délibérant du Kasaï. Dans une institution démocratique, les divergences d’opinions et les critiques formulées par les élus devraient pouvoir s’exprimer dans le respect du règlement intérieur.
Au-delà de cet incident, une question demeure : les députés provinciaux peuvent-ils librement demander des comptes aux membres du bureau sur la gestion des ressources et les déplacements officiels ?
Alors que la population du Kasaï fait face à d’importants défis liés notamment aux infrastructures, à l’économie et à l’accès aux services sociaux de base, les attentes envers ses représentants restent considérables.
Le contrôle parlementaire, la transparence dans la gestion des ressources publiques et la défense des intérêts de la population constituent pourtant des missions essentielles des députés provinciaux.
Si la discipline parlementaire demeure nécessaire au bon fonctionnement de l’institution, elle ne devrait pas pour autant étouffer le débat contradictoire ni décourager les initiatives de contrôle.
Au-delà du cas personnel de Denis Tshiyombo, cet incident interpelle sur la capacité de l’Assemblée provinciale du Kasaï à garantir un espace de débat démocratique où les élus peuvent exprimer leurs préoccupations sans crainte de représailles.
La population attend de ses représentants une institution responsable, transparente et résolument tournée vers la défense de ses intérêts.
José Kapuku Mushilayi
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