La RDC atteint des records de production minière, mais peine à capter les revenus

La République démocratique du Congo (RDC) a franchi un cap historique dans sa production minière, confirmant son statut de leader mondial dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Selon le compte rendu de la 87e réunion du Conseil des ministres de ce vendredi 24 avril 2026, lu à la télévision nationale, le pays a enregistré une production de 3 100 234 tonnes de cuivre et près de 220 000 tonnes de cobalt ces dernières années.

Ces performances témoignent des efforts entrepris par les autorités pour renforcer la gouvernance du secteur minier, considéré comme stratégique pour l’économie nationale. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a souligné que cette dynamique s’est poursuivie en 2024 et 2025, avec des exportations de cuivre atteignant 3 403 006 tonnes.

Toutefois, derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité plus préoccupante. Si la production minière ne cesse d’augmenter, la RDC continue de faire face à un défi majeur : la faiblesse de la captation des revenus générés par ce secteur. Autrement dit, la richesse produite ne se traduit pas pleinement en recettes pour l’État.

Ce décalage s’explique par plusieurs facteurs, notamment les insuffisances dans le contrôle des exportations, les mécanismes fiscaux parfois inefficaces, ainsi que le manque de transformation locale des minerais. Une grande partie des ressources est exportée à l’état brut, limitant ainsi la valeur ajoutée captée sur le territoire national.

Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique, le cuivre et le cobalt occupent une place centrale dans la fabrication des batteries et des technologies vertes. La RDC, qui détient une part essentielle de ces ressources, dispose donc d’un levier économique considérable.

L’enjeu pour les autorités congolaises est désormais clair : au-delà de l’augmentation de la production, il s’agit d’optimiser la gestion et la valorisation des ressources afin que les retombées économiques bénéficient davantage à la population. Renforcer la transparence, améliorer les mécanismes de collecte des revenus et développer une industrie de transformation locale apparaissent comme des priorités pour transformer ce potentiel en véritable moteur de développement.

Rédaction


Share this Post

Commentaires (0)

Laisser un commentaire