RDC : des voix s’élèvent contre toute révision de la Constitution du 18 février 2006

Un groupe de cinq personnalités congolaises, parmi lesquelles Claudel André Lubaya, le Dr Dirk Shaka et Albert Mukulubundu, a publié ce lundi une carte blanche appelant à la préservation de l’ordre constitutionnel en vigueur en République démocratique du Congo. Dans leur déclaration, ils mettent en garde contre toute initiative visant à modifier la Constitution promulguée le 18 février 2006, qu’ils considèrent comme le fondement de la stabilité institutionnelle du pays.

Les signataires rappellent que cette Constitution est née dans un contexte historique particulier, au terme d’un long processus de paix ayant mis fin à des années de conflits armés. Elle est notamment issue de l’Accord global et inclusif, conclu à la suite du Dialogue intercongolais.Adoptée par référendum les 18 et 19 décembre 2005, puis promulguée quelques mois plus tard, elle incarne, selon eux, un compromis national arraché dans la douleur, mais validé par le peuple congolais.

Dans leur texte, ces personnalités dénoncent ce qu’elles qualifient de « manœuvre de confiscation du pouvoir et de dévolution monarchique de la République ».

Elles estiment qu’une révision constitutionnelle enverrait un signal préoccupant, notamment aux zones encore fragiles sur les plans sécuritaire et communautaire. Une telle initiative pourrait, selon elles, raviver des tensions et remettre en cause les équilibres obtenus après des années de crise. S’adressant directement au président de la République, à la majorité au pouvoir, mais aussi à l’opposition, à la société civile et aux confessions religieuses, les auteurs de la carte blanche appellent à une mobilisation collective.

Ils exhortent les acteurs nationaux à « se lever avec courage et lucidité » pour défendre la Constitution actuelle, qu’ils décrivent comme le seul pacte fondamental directement approuvé par le peuple.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle suscitent des inquiétudes croissantes au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Elle relance ainsi la question sensible de la préservation des acquis démocratiques et de la stabilité institutionnelle en République démocratique du Congo.

Rédaction


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