RDC : les Congolais du Sud-Kivu, du Tanganyika et du Burundi interpellent Félix Tshisekedi sur la crise des passeports biométriques
Des citoyens congolais originaires ou résidant dans les provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, ainsi que des membres de la diaspora congolaise vivant au Burundi, ont adressé un plaidoyer urgent au président de la République, Félix Tshisekedi, afin de dénoncer les difficultés d'accès au passeport biométrique.
Ils demandent au gouvernement de prendre des mesures immédiates pour rétablir un service qu'ils jugent désormais inaccessible à des millions de personnes.
Dans leur mémorandum, également transmis à la ministre des Affaires étrangères, au ministre des Finances et au directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), les signataires affirment que l'obtention du passeport ordinaire est devenue une « mission impossible » dans l'est de la RDC et au Burundi.
Ils estiment que cette situation prive de nombreux Congolais d'un droit fondamental lié à leur citoyenneté.
Les auteurs du document rappellent qu'avant l'occupation d'une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les rebelles du M23, les opérations de capture des données biométriques étaient assurées à Bukavu et à l'ambassade de la RDC à Bujumbura. Les informations étaient ensuite transmises à Kinshasa, permettant la délivrance des passeports dans un délai d'environ un mois.
Selon eux, la mise en circulation du nouveau passeport biométrique en juin 2025, accompagnée du partenariat avec la société allemande DERMALOG pour l'impression des documents, a entraîné l'arrêt des anciens équipements de capture exploités par SEMLEX, sans que de nouveaux centres ne soient installés à Uvira ou à l'ambassade de la RDC au Burundi.
Les signataires dénoncent également une procédure entièrement numérisée, qu'ils jugent inadaptée aux réalités des populations de l'est du pays. Ils soulignent notamment l'obligation d'obtenir un numéro d'identification fiscale (NIF) via une plateforme en ligne, une démarche qui, selon eux, constitue un obstacle supplémentaire pour des citoyens confrontés à l'insécurité, aux déplacements et à un accès limité aux services numériques.
Face à cette situation, les populations concernées demandent au président Félix Tshisekedi d'ordonner la réouverture des centres de capture biométrique dans l'est de la RDC et au Burundi, afin de garantir un accès équitable au passeport biométrique à tous les citoyens congolais, quel que soit leur lieu de résidence.
Elles appellent également le gouvernement à adapter les procédures administratives aux réalités humanitaires et sécuritaires auxquelles cette partie du pays est confrontée.
Rédaction
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